Vietnam : La remontée du Mékong jusqu'à la frontière Cambodgienne

Le départ dans une atmosphère humide, déjà chaude, bleue et or prédispose à tous les rêves. Très vite, après avoir croisé des tankers venus de Chine ou d’ailleurs, nous découvrons un splendide canal creusé par la main de l’homme autour duquel s’organise la vie trépidante des vietnamiens.
Dès la sortie du port, vont et viennent bateaux de pêche, de transport de marchandises, sampans en mouvement ou accolés les uns aux autres, sorte de villages flottants arrimés perpendiculairement aux berges. Beaucoup arborent sur leur proue de gros yeux colorés destinés, dixit notre guide, à impressionner les crocodiles !

Des habitations sur pilotis faites de bois et de tôles ondulées s’appuient sur les berges d’une façon désordonnée mais harmonieuse. A la surface du fleuve est omniprésente la jacinthe d’eau très caractéristique de cette partie du monde que les riverains utilisent comme engrais, fibres servant à la fabrication de vannerie, cordes, briquettes de chauffage. Pourvue de protéines, elle entre aussi dans la composition des aliments pour les poissons élevés dans les fermes flottantes que nous croisons régulièrement tout au long du fleuve.


MY THO
Nous progressons dans le delta pour arriver à My Tho « la bonne herbe parfumée », ville tranquille et prospère située sur la plus grande des îles, Thoi Son sur laquelle nous accostons après avoir pris de petits sampans. Riche en vergers et jardins fruitiers, nous découvrons des fruits peu connus : le jacque, fruit jaune et savoureux du jacquier, le fruit du dragon, esthétique mais à la chair fade, blanche ou violette, parsemée de petits grains noirs, durians à la forte odeur et d’autres familiers : noix de coco, bananes, mangues, longanes…

CAI BE
L’étape suivante est Cai Be, ville située entre deux bras du Mékong où nous dégustons miel et thé avant de naviguer sur des canaux « Les Arroyos » bordés de palmiers d’eau, paysage d’une grande beauté.
 
Toujours sur nos petits bateaux, nous partons vers l’île Binh Hoa Phuoc où nous découvrons poteries, briqueteries, pépinières d’arbres fruitiers et une fabrique artisanale de galettes de riz et d’alcool dans lequel baignent scorpions, serpents disposés avec soin que personne n’a été tenté de goûter.
  

SA DEC
Partons maintenant vers Sa Dec, ville rendue célèbre par Marguerite DURAS qui y passa une partie de son enfance. Sa Dec fut le cadre de son roman « L’amant » édité en 1984, réécrit car elle n’apprécia pas le portrait fait des personnages dans le film tiré du roman, pour ainsi devenir « l’amant de la Chine du Nord » en 1991 où elle relate son amour pour un riche chinois, Huyn Thuy Lê dont nous visitons la maison à l’intérieur riche, surchargé et passablement étouffant.  

Le marché local riche en nourriture de toutes sortes : poissons, crustacés, fruits et légumes, me donnera l’occasion de « déguster » partiellement un œuf de cent ans (en fait un œuf couvé) bouilli. L’apparence est repoussante mais la curiosité aidant, je découvre que le goût est plutôt agréable.
Les habitants sont comme dans tous les endroits où nous sommes passés, accueillants et souriants ; une vraie joie d’être plongée dans cette atmosphère colorée et pleine de vie.
 
Revenus au RV Indochine, nous naviguons en direction de Chau Doc, ville placée à la frontière entre le Cambodge et le Vietnam qui se développe autour de la pêche et de la pisciculture. Située au cœur d’un gigantesque quadrillage de rizières, cette cité épouse les rives du Mékong envahies par les fermes flottantes où sont élevés les pangas.
Une ferme piscicole

Le panga, poisson d’élevage par excellence dans le Mékong, grossit rapidement dans la cage située sous la ferme flottante qui en produit à chaque cycle de six mois pas moins de 70 000. Le grouillement produit par la distribution de nourriture au-dessus de la grille d’accès à la cage est impressionnant : l’endroit est inondé immédiatement par les éclaboussures des bêtes excitées avec un bruit de claquement de queues et d’eau projetée. Peu connu en Occident, le panga a très mauvaise réputation : grossissant dans un des fleuves les plus pollués de la planète, il serait contaminé par venins et bactéries, arsenic, résidus industriels toxiques, métaux contaminés et d’autres substances aux noms barbares. Peu cher, il serait largement répandu. Il a peu de goût et prend celui des épices avec lequel on le marie. Nous avons dû en manger sans même le savoir tout au long de ce séjour.

Notre dernière étape au Vietnam avant le Cambodge sera une montée sur la colline Sam et la visite d’une pagode « Phat Thay Tay An » et du temple « Ba Chua Xu » dont je vous livre le plus bel aspect.

Les prochaines étapes seront  Phnom Penh, capitale du Cambodge, puis la découverte de la remontée du Tonle Sap jusqu’à Siam Reap, ville où se situe le très célèbre temple d’Angkor qui feront l’objet d’une prochaine chronique.

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