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Une petite histoire du doggy bag, par Élise Massenet

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Les chroniques d'une Bordelaise installée aux US depuis plus de 10 ans
©Élise Massenet 

Élise Massenet partage avec les Artémisiennes l'un de ses derniers papiers sur les origines sociologiques et les us liés au "doggy bag", ou emporte-restes, devenu obligatoire en France depuis l'été 2021 sur demande auprès des restaurateurs, pour encourager la lutte contre le gaspillage alimentaire. 

Élise est aussi autrice du magazine lilididit, élaboré et illustré par elle. Pour découvrir les dernières publications, cliquez là.
Un grand merci à elle et place à la lecture !

Le terme doggy bag ou "emporte-restes" désigne un sac, fourni sur demande par la direction d'un restaurant, dans lequel un convive peut emporter chez lui les restes. Sa naissance remonterait au 6e siècle avant J. C. lorsque les Romains utilisaient des serviettes pour emballer des aliments à emporter chez eux après un festin. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, les pénuries alimentaires étaient un fait de la vie quotidienne et par souci d'économie, les propriétaires d'animaux ont été encouragés à donner les restes des repas à leurs animaux de compagnie. En parallèle, en 1943, à San Francisco, pour lutter contre la cruauté envers les animaux, les cafés offrent des Pet Pakits, des cartons que les clients pouvaient demander pour rapporter les restes à la maison et en faire profiter leurs animaux. À la même époque, les hôtels de Seattle, dans l'État de Washington, fournissaient aux convives des sacs en papier ciré portant l'étiquette ‘Bones for Bowser’. Les restaurants à travers le pays ont emboîté le pas et ont organisé des pratiques similaires. Cependant, les gens ont commencé à demander des sacs pour chiens pour emporter de la nourriture pour eux, au grand dam des chroniqueurs de magazines engagés qui n'ont pas tardé à remettre en cause la pratique. En 1949, le propriétaire du Steak Joint à New York revendique aussi l’invention du doggy bag que l’on connaît aujourd’hui. Il proposait à l’époque, pour éviter le gaspillage, des sacs décorés de terriers écossais qui permettaient à ses clients de rapporter leurs restes sans être embarrassés. Après tout. l’image du chien indiquait clairement que les surplus étaient destinés à leurs pets. Depuis, le doggy bag est rentré dans les mœurs aux Etats-Unis. Les restaurants ont augmenté la taille des portions servies et c’est devenu un fait commun de demander au serveur d’emballer la nourriture non-consommée. La pratique est cependant moins courante en France.

Finalement, le mot doggy bag est tellement explicite que je n'avais pas vraiment percuté, qu'à l'origine, c'était réellement pour les chiens ou les animaux de compagnie. Même la traduction française emporte-restes invite à une action banale, logique. L'art du service aux Etats-Unis est, pour moi, amazing. J'adore l'idée de partir avec plus ou de 'tipper' plus. La notion de business prend un autre sens, plus humain et moins centré sur le chiffre. Avoir ou donner gratuitement n'arrange rien, ça fait même des dégâts. Alors que vous aimiez vos clients ou que vous appréciez le service proposé, n'hésitez pas à ajouter un petit plus, il vous sera rendu au quintuple. Dernier point, si comme moi, vous n'êtes pas au top en calcul mental, munissez-vous de l'appli 'QuickTip', plus aucun extra bonus ne vous résistera !!-

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