Pourquoi j’ai aimé Heimat d’Edgar Reitz ?

C’est un film grave sans jeu de mot, pudique plein d’amour pour le cinéma. D’aucuns diront « c’est un film à l’ancienne ». A l’ancienne parce que le cinéaste allemand a fait entièrement construire un village, à l’ancienne parce qu’en noir et blanc, mais quel noir et blanc ! A l’ancienne parce que du premier au vingtième rôle, chacun est traité avec respect, humanité, intelligence. Nous suivons Jakob, jeune fils du maréchal-ferrant, fou de livres et d’envie de savoir au grand désespoir de son père, amoureux, naïf et tendre au point de vouloir quitter sa patrie (Heimat) pour une terre promise, en l’occurrence le Brésil, où tout serait/sera paradisiaque. Forcément. Heimat nous entraine lentement dans cette épopée villageoise, nous dit la difficulté d’être soi… Deux films « Chronique d’un rêve » et « L’Exode » qui n’en font qu’un, indissociables l’un de l’autre. Heimat ne rapportera pas 450 millions de dollars et 2,5 millions de spectateurs français ne le verront pas, mais si vous allez voir ce chef d’œuvre, vous pourrez dire, que certes vous étiez minoritaire, mais ce n’est pas pour cela que vous avez eu tort. Vous aurez vécu un de ces moments de grand cinéma, qui semblent devoir se faire de plus en plus rares…

Pour en savoir plus, la très belle chronique de Sophie Avon.
http://larepubliqueducinema.com/heimat-la-patrie-dedgar-reitz/

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