Un magnifique portail XVIIIe siècle : du Jardin Public à la Piscine Judaique...

Le magnifique portail XVIIIe siècle : du Jardin Public à la Piscine Judaique Art-déco...

Le saviez-vous ? Désireux d’ériger un pendant aux deux pavillons de la terrasse du Jardin Royal (actuel Jardin Public), qui en marquaient l’entrée principale, le Marquis de Tourny édifia au nord, d’après les plans de Jacques-Ange Gabriel, un manège (1755-1759).

L’Académie Royale d’Equitation avait pour but l’instruction des jeunes gens qui souhaitaient servir dans la cavalerie. Conscient de l’intérêt économique que représentait une telle installation, l’intendant Tourny en fit un outil de prestige au service d’une ville en plein développement.

L’Académie d’équitation de Bordeaux, qui devint une des plus importantes de France, attirait également des jeunes de province et de l’étranger qui faisaient fonctionner l’économie de locale.

Au devant du corps de logis principal du manège, donnant sur le jardin, était érigée une colonnade « en sorte que de la promenade, on voyait les exercices de ce manège ».

Les décors sculptés qui surmontent ce grand portique d’entrée avaient été confiés à Claude Francin, auteur déjà de plusieurs frontons de la place de la Bourse et des portes de Bordeaux. Le sculpteur y représente  Apollon conduisant le char du soleil, char tiré par des chevaux fougueux s’accordant à la destination du lieu. Le Taureau enguirlandé de roses, symbolisant la Force, peut être vu comme un déguisement de Jupiter. Sur les acrotères, des groupes d’Amours s’affairent autour de corbeilles de fruits ou de gerbes de blé et participent à la célébration du dieu-Soleil.


Lors du percement de la rue d’Aviau au XIXe siècle, l’ensemble du manège royal est détruit à l’exception de son portail. Soigneusement conservé, il sera restauré, classé Monument historique, puis remonté pierre par pierre dès 1931 à son emplacement actuel au 166 rue Judaïque, afin de servir d’entrée à la première piscine municipale de Bordeaux.

C’est ainsi que depuis son ouverture en 1935, selon la volonté du maire Adrien Marquet,  l’ancienne colonnade du manège royal sert de portail d’entrée à une des architectures majeures de style art-déco de la ville : la piscine Judaïque*. Ce remontage audacieux témoigne de l'ambitieuse politique urbaine et patrimoniale menée par le maire de Bordeaux autour des années 30.


*Architecte : Louis Madeline / 1931-1935

Adeline Falières

Historienne de l’Art, Diplômée de l'Ecole du Louvre, Adeline Falières est chargée de l’enseignement à l’Université UFR des Arts de Bordeaux III.

2 Commentaires

  • Nathalie Millet

    Nathalie Millet

    27 nov. 2017, 15:53:18

    Merci Adeline pour nous éclairer sur ce portail devant lequel nous passons régulièrement, sans connaître son histoire.
    En attendant tes prochains focus.
    Nathalie

  • Sophie Boussaguet

    Sophie Boussaguet

    29 nov. 2017, 08:03:13

    Très interessant !!!!! Merci pour ces éclaircissements !

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