Plaidoyer pour la beauté du monde

Ici, on détruit une chapelle, là, l’archevêché entame un bras de fer contre la Ville pour sauver une ancienne chapelle menacée d’être transformée en vinothèque…. Que se passe-t-il avec le patrimoine français ?

Problème de mises aux normes effectuées en dépit de tout bon sens (la nouvelle loi contraignant par exemple tous les bâtiments y compris les plus anciens à l’isolation, que faire quand une façade est classée ?…), problèmes d’accessibilité, problèmes d’entretien, de moyens, bénévoles à bout de souffle, désengagement de l’Etat et des collectivités, découragement des mécènes : les raisons sont nombreuses !

Les conséquences convergent toutes dans le même sens : les merveilles de notre beau pays sont menacées de disparaître.

Depuis 24 ans, une poignée de passionnés soutenus par la rédaction du Pèlerin Magazine tire la sonnette d’alarme. Intelligemment. En lançant il y a un quart de siècle le concours « un patrimoine pour demain », ces mousquetaires du patrimoine encouragent les initiatives des acteurs de la sauvegarde de notre héritage. Grâce à eux, qu’ils soient profanes ou sacrés, des trésors architecturaux de nos régions ont été sauvés : lavoirs, granges, abbayes, églises….

La secrétaire perpétuelle de l’Académie Française et marraine de ce Grand Prix du Patrimoine, Hélène Carrère d’Encausse, a récompensé les lauréats 2014 il y a une semaine à l‘abbaye de Fontevraud. Interrogée sur la question de la sauvegarde, elle désigne notamment l’art religieux comme le « roman de notre nation ».

En effet, qui voudrait que se taise la voix de son propre pays ? Qui accepterait que se perdent à jamais les marques de notre Histoire ?
Petit signe d’espoir, les maires semblent ces temps-ci prendre conscience de la valeur identitaire de tous ces trésors et imaginent désormais trouver un nouvel usage à ces « vieilles pierres » en encourageant leur restauration, un argument supplémentaire pour attirer les touristes. Car au fond, pourquoi séparer culture et tourisme ? Les deux cohabitent très bien.

Pour le patrimoine, la société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France demande le statut d’exception. Il n’est pas toujours judicieux d’appliquer la loi sur la transition énergétique à des murs du 18ème… Etudions au cas par cas, le discours de simplification est parfois dangereux !

Il s’agit de veiller sur nos trésors comme sur nos enfants.  Parce que, comme le souligne si justement Catherine Lalanne*, « nous croyons qu’en période de disette, l’homme a plus que jamais besoin de sens et de beauté. Plus l’avenir est incertain, plus le besoin de s’enraciner devient vital ».

Regarder son passé avec bienveillance, attention, amour, c’est contribuer à notre Humanité. Pour coûte que coûte et vaillamment, rester Debout !

* Rédactrice en chef du Pèlerin Souce : Le Pèlerin 27 novembre 2014

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