ONTARIO : LES CHUTES DU NIAGARA

Comment aller en Ontario, être passionnée par la dimension esthétique des chutes d’eau, sans penser à aller voir celles du Niagara, ensemble de trois chutes sur la rivière du même nom reliant le lac Erié au lac Ontario ! Impossible, n’est-ce pas ! C’est ce voyage, dans l’est de l’Amérique du Nord, à la frontière entre le Canada et les USA,  que je vous propose aujourd’hui.

Venant  de Barrie, un peu au sud de la baie géorgienne, nous atteignons Toronto par la D 400 et empruntons la route sud, celle qui nous amène du côté canadien de la ville de Niagara. Je passerai rapidement sur le trajet qui ne présente pas un intérêt particulier pour me centrer sur le site lui-même.

Garés à proximité du Parc de la Reine Victoria nous traversons des  jardins travaillés, en direction du site. Le premier signe de la présence des chutes est un grondement assourdi  qui nous guide. Ce qui n’était que discret s’impose de plus en plus à nous et nous guettons à travers les buissons  les premières images, non sans une émotion qui croît avec l’intensité du son.

Des terrasses du Parc, les chutes s’offrent à nous : le « Fer à Cheval » (Horseshoe Falls) ou chutes canadiennes, les chutes américaines (American Falls) et le « Voile de la Mariée » (Bridal Veil Falls), d’une taille moindre… et c’est une certaine déception.

J’allais à la rencontre d’un endroit sauvage, d’une beauté à couper le souffle et je vois une large promenade le long de la rivière Niagara emplie d’une foule dense, des restaurants, des boutiques : les Grands Boulevards au Canada…  Les chutes sont bien là évidemment, plus larges que hautes, et différentes de ce que j’imaginais.

Pour faire abstraction de tout le folklore, il n’y a qu’une solution, être au plus près, laisser la foule derrière soi, et admirer. Car en s’approchant d’ « Horseshoe Falls », le spectacle devient formidable : une eau verte au débit impressionnant  (plus de 2 800 m3 par seconde) se déverse du haut d’une saillie rocheuse incurvée, d’où son nom de « fer à cheval ». Vous pouvez rester là sans vous lasser à contempler cette énorme masse d’eau qui plonge sur un dénivelé de 52 mètres, dégageant des volutes de vapeur d’eau irisée et produisant  un grondement furieux qui accentue le sentiment de la puissance du phénomène. On imagine les diverses tentatives de ceux qui se sont lancés du haut de la chute, en tonneau, sans matériel de flottaison, avec esquif… Certains ont survécu sans dommage, d’autres ont coulé ou ont été sérieusement blessés ; tous ont fait preuve d’un courage certain ou d’une tendance au suicide (notamment ceux qui ont tenté la descente des chutes américaines, expérience à laquelle personne n’a jamais survécu en raison des nombreux rochers).

« Horseshoe Falls »
En face, la rive américaine du site à laquelle on peut accéder grâce à un pont qui fait le lien entre les deux pays. Je ne connais pas le point de vue des Niagara Falls côté USA réputé moins intéressant mais veut découvrir tout ce qui peut être proposé de ce côté-ci de  la rivière.

Les chutes américaines
Nous commençons par prendre un des « Maid of the mist », bateaux paraissant minuscules dans ce site, qui font la navette jusqu’au pied du « Fer à Cheval » en passant devant les chutes américaines moins hautes. Tous les passagers sont équipés d’un imperméable léger en plastique outremer censé les protéger de la vapeur d’eau lorsque la destination est atteinte.

Arrivés au pied de la chute, en dressant la tête, forcément, « Horseshoe Falls » se découpe ce jour-là sur fond de ciel d’un bleu intense et nous écrase de toute sa puissance. Ma fascination pour le spectacle coïncide très exactement avec la mort de mon appareil photo qui n’a pas supporté qu’on le plonge avec une indifférence apparente dans un nuage liquide qui s’élève bien au-delà des lèvres de la chute.
           
Au pied du « Fer à cheval »
De retour sur la terre ferme, nous observons tout en séchant, le bal des petits bateaux qui inlassablement transportent  leur contingent d’ hommes bleus amateurs de sensations, secs à l’aller, détrempés au retour.
Reste à voir la chute côté verso, en souterrain, en empruntant un chemin qui mène dans des chambres d’observations qui donnent l’illusion d’être à l’intérieur même d’ « horseshoe », façon Tintin dans le Temple du Soleil. C’est moins aventureux qu’un récit d’Hergé mais c’est à faire : affublés d’imperméables jaunes cette fois, nous déambulons le long d’un couloir sombre et humide ponctué de niches grillagées donnant directement  derrière le rideau d’eau et nous restons quelques instants à observer et entendre la gigantesque masse d’eau se fracasser à notre hauteur.

En soirée, la foule est moins dense, le spectacle change : les trois chutes prennent des couleurs violines, rouges, bleues, au gré du rythme programmé des projecteurs lumineux qui leur confèrent une beauté étrange. « Niagara Falls » nous offre un son et lumière avant le départ.
J’ai oublié le sentiment de déception ressenti à mon arrivée, vous l’aurez bien compris et ai emmagasiné des images fortes pour toujours. Seul bémol,  il me faudra songer pour la fin du séjour … à remplacer mon appareil photo.

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