"Mud" de Jeff Nichols

Parmi les nombreux films qui nous sont venus des Amériques ces dernières semaines et avant le très attendu, mais sûrement prévisible Gatsby le Magnifique au Festival de Cannes, il en est un qui incontestablement restera dans les mémoires : Mud de Jeff Nichols.
Pour quelles raisons ? Trois. Le thème, l’interprétation, les plans ? Tout y est et il en va de certains films comme de certaines musiques. Dès la première image, dès la première mesure, le spectateur, l’auditeur sait qu’il/elle a fait le bon choix. Alors, nous nous calons un peu plus profondément dans notre fauteuil, nous dégustons la qualité du silence dans la salle, nous sommes nombreux, mais chacun/e regarde son film, vit cette expérience intime et partagée à chaque fois nouvelle et pourtant bien connue, qui prend ses racines dans la petite enfance : on va nous raconter une histoire…
L’histoire de Mud est une histoire d’amour, une histoire d’initiation, une histoire de Mississipi, mais aussi une histoire de vérité donc de mensonge, de confiance donc de trahison, d’abnégation, de dépassement de soi, d’acceptation de grandir sans renier, en conservant pour les autres, les valeurs de l’enfance…
Trois interprètes servent le film de façon magistrale, Matthew McConaughey (Mud), et ses deux jeunes comparses éblouissants de vérité Tye Sheridan et Jacob Lofland.
Jeff Nichols ne filme pas à l’esbroufe, sa caméra est au plus près de ses comédiens, il sait que ce sont eux qui portent le film, il les regarde avec bienveillance, intelligence et nous restitue leur parole avec justesse.

A ne manquer sous aucun prétexte…

2013

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