La Floride

S’étirant sur une longueur de 700 km, la Floride est plus connue par sa ville la plus peuplée, Miami, que par sa capitale Tallahassee. Notre point d’ancrage dans cet état des USA est Fort Lauderdale, au nord de Miami, ville liée intimement à l’océan Atlantique grâce aux lacis de canaux qui la zèbrent.

L’eau a remplacé les pavés, les bateaux s’amarrent naturellement au pied des maisons, le rythme de la ville bat au gré de ses ponts levants et point commun à toute cette côte, l’océan et ses plages de sable blanc.

Fort Lauderdale
Fort Lauderdale, c’est un point stratégique qui va  nous permettre de rayonner du Cap Canaveral (centre de la côte est) à l’île la plus méridionale de la péninsule : Key West.

Qui n’a entendu parler du programme Apollo, des sondes spatiales et des satellites scientifiques de la NASA qui décollent de la base de Cap Canaveral ? Entrer dans l’aire de lancement de CCAFS (Cape Canaveral Air Force Station), visiter le bâtiment d’assemblage des fusées, se rendre au pied des bases de lancement, même si aucune mission lunaire n’est en vue, reste une impression forte, l’imagination prenant le relais.
 
Plus au sud, le Comté de Sainte Lucie qui se prête à l’étude du milieu marin ; une croisière sur l’Indian River nous permettra de voir quelques spécimens de la faune locale : échassiers, pélicans et d’apercevoir la silhouette spectrale d’un lamantin dont nous ne ferons que deviner la tête de doux géant. Se promener dans un parc où la flore est remarquable : mangrove dont les arbres prospèrent dans l’eau salée ou saumâtre, palétuviers, est un plaisir pour les yeux non dénué d’appréhension après que nous avons croisé un panneau «Beware of alligators » qui nous rend attentifs aux troncs d’arbres qui gisent sur les rives sablonneuses.                                                            
                                                                                                                                           West Palm Beach
Plus au sud, toujours sur la côte est, nous longeons la célèbre West Palm Beach réputée pour concentrer un nombre impressionnant de villas de stars et d’immenses maisons blanches de milliardaires, souvent d’inspiration espagnole, qui font face à l’océan.

A l’aplomb de Fort Lauderdale, sur la côte ouest, Naples située sur le golfe du Mexique. Cette côte est à la Floride ce que l’océan Atlantique est à la Méditerranée en France : l’atmosphère y est très différente ; les couleurs sont moins violentes offrant toutes les nuances des bleus, gris et blancs, la chaleur est plus supportable et la faune accessible. Les pélicans sont peu soucieux des touristes disséminés, des oiseaux de toutes sortes cohabitent avec les promeneurs qui marchent le long d’une immense plage de sable opale et nous avons la chance de voir un dauphin près du rivage qui se laisse approcher et caresser par des enfants.   

Retournons côte ouest et dirigeons nous vers Miami, premier port de navires de croisières avec un tiers de la flotte mondiale. Cette ville est elle aussi soumise aux entrelacs des bras d’eau de mer qui l’envahissent. La ville est constituée de quartiers lacustres, de marinas, de ponts et d’endroits plus connus comme le district art déco qui longe Ocean Drive face à Miami Beach (Citons comme illustration du célèbre style : l’hôtel Colony et la Casa Casuarina où vécut et mourut Gianni Versace).

L’expérience d’une incursion sur le sable de Miami  Beach au mois d’août est redoutable : la chaleur y est écrasante, la lumière aveuglante et l’eau d’un bleu intense vous rafraichit peu, une vraie fournaise ! L’influence du Gulf Stream n’est pas étrangère à ce climat qui permet à Miami de bénéficier d’un climat chaud toute l’année.
                                                                                                                                
La ville est non seulement formée du centre-ville, downtown Miami qui est le quartier des affaires à l’embouchure de la rivière, mais aussi de plusieurs communautés comme Coconut Grove, endroit jeune à la mode ou Coral Way, quartier résidentiel.

Descendons encore plus au sud pour découvrir les « Everglades », le plus vaste milieu naturel subtropical du pays. Ce parc national  est constitué essentiellement par un marécage d’eau douce créé pour protéger un écosystème fragile ; trente-six espèces considérées comme menacées vivent dans le site dont la panthère de Floride, le crocodile américain et le lamantin des Caraïbes. On compte plus de 350 espèces d’oiseaux, presque autant d’espèces de poissons, reptiles et mammifères de toutes sortes…
Alimenté par la rivière Kissimmee et le lac Okeechobee, le parc ressemble à une vaste étendue d’eau envahie de mangroves avec toutefois des ilots de terre ferme, les hammocks, qui permettent aux amphibiens, lapins, cerfs de Virginie, lynx, visons, panthères, opossums, de trouver refuge dans les feuillus. Le spectacle est étrange, magnifique et parfois inquiétant : gare aux mains qui traînent dans l’eau quand vous apercevez à quelques mètres un crocodile immobile ! Mieux vaut se déplacer en bateau silencieux, ce qui fut notre première expérience, pour ne pas effrayer toute cette faune qui fuit devant la menace ; mais se déplacer en « air boat », bateau à hélice grillagée qui fait un bruit d’enfer et dont le fond plat glisse sur les herbes coupantes, est une expérience à laquelle nous n’avons pas résisté.

Au sud des Everglades, nous atteignons la pointe de la péninsule pour rejoindre le chapelet des Keys, archipel séparant l’océan Atlantique du golfe du Mexique. Des ponts pouvant dépasser dix kilomètres relient cette succession d’îles. Surplombant la mer, nous démarrons notre périple par Key Largo, avec sa panoplie de boutiques de pêches colorées proposant des sorties en mer pour ferrer marlin, tarpon, mérou. Clubs de plongée, restaurants, maisons en bois de couleurs vives ou poudrées contribuent à une atmosphère de détente qui semble ne jamais cesser dans cette partie de l’hémisphère.

Nous passons ainsi successivement Islamorada, Layton, Marathon, Big Pine Key, Boca Chica jusqu’à Key West, la plus méridionale des îles de cette crête en pointillé qui ponctue la Florida Bay. Key West, c’est comme toutes les autres îles :  des petits ports avec des photos de pêcheurs fiers d’exhiber leurs monstrueuses prises, des maisons, des cafés, des restaurants, un marché de coquillages et souvenirs marins… ; Mais Key West, c’est aussi le lieu où vécut durant une dizaine d’année Ernest Hemingway dont le souvenir est toujours bien vivant et dont on peut  visiter la maison.

Si j’ai évoqué tout au long de cette chronique les merveilleux paysages que l’on peut découvrir en Floride, je ne vous ai pas parlé de ses habitants pour ne pas les avoir réellement côtoyés ; Ceux qui vous approchent vous demandent invariablement d’où vous venez mais la réponse n’éveille qu’un intérêt superficiel. Les réactions les plus vivantes associent la France à Paris et aux vins… Point.

Le problème d’obésité est par ailleurs criant. Un tour chez Wal*Mart, enseigne incontournable aux USA, vous édifie rapidement : les produits les moins chers sont les plus gras et les plus sucrés, beignets de saucisses, hamburgers,  gros gâteaux bleu des mers du sud ou fuchsia (si, si…), céréales aux marshmallows, linéaires de cookies en tout genre… Les produits non transformés sont beaucoup plus chers. Ajoutez à ça des portions déraisonnables dans la plupart des fast food (KFC, Mc Do, Pizza Hutt notamment), des boissons à volonté à l’entrée desdits restaurants (coca, sprite, Dr Pepper –coca au goût d’amande-…) et vous comprenez pourquoi vous croisez une famille entière qui a dépassé depuis longtemps le stade du surpoids, une caissière qui n’a rien à envier aux créations de Niki de Saint Phalle, une quantité de sièges roulants à l’entrée des grandes surfaces pour des personnes dont le principal handicap est tout simplement le poids.
Le lien n’est-il pas trouvé avec le thème de notre dernière conférence : « l’évolution de la silhouette féminine » !

Laisser un commentaire: