LA BIRMANIE/LE MYANMAR

En 1989, la junte militaire dirigée par le général Ne Win, change le nom du pays "Burma" en Anglais en "Myanmar" et rebaptise "Rangoon" en "Yangon" qui n’est pas la capitale du pays. Cette dernière est Naypyidaw, nom imprononçable et vite oublié. Pour beaucoup dont moi, ce pays au cœur de l’Asie du sud-ouest, reste la Birmanie que je découvrirai au cours d’une croisière sur le fleuve Irrawaddy né dans les montagnes de l’Himalaya, appelé "Fleuve Mère" par les Birmans.

Ce pays authentique et encore préservé grâce à une ouverture très récente au tourisme coïncidant avec la fin de la dictature en 2011, vous donne le sentiment d’une remontée dans le temps : les rives du fleuve, de Mandalay à Mingun au nord et de Mandalay à Bagan plus au sud, offrent le spectacle d’une constellation de pagodes aux coupoles dorées émergeant de la cime des arbres, de villages aux maisons sur pilotis avec leurs cloisons de roseaux tressés, du va-et-vient des bateaux, de la faune et de scènes pittoresques de la vie quotidienne.

Avant le vol qui nous amènera à Mandalay, lieu d’embarquement sur le RV Pandaw, vieux steamer rénové aux cabines et ponts de bois exotiques, nous séjournons deux jours à Rangoon, objet de cette chronique, les suivantes étant consacrées à la croisière sur le fleuve Irrawaddy.

1ER JOUR : RANGOON/YANGON

Arrivés dans la matinée, nous découvrons la ville qui fut la capitale de la Birmanie britannique avant son indépendance en novembre 1948. Les embouteillages, apanage de beaucoup de grandes villes asiatiques, sont encore plus importants ici car les véhicules deux roues sont interdits par décision gouvernementale. Le flux de voitures provoque des ralentissements interminables donnant le sentiment de distances considérables là où nous ne faisons que quelques kilomètres, nous laissant admirer quelques bâtiments coloniaux décrépis grignotés çà et là par la végétation.

Une surprise pour notre premier déjeuner en Birmanie : le restaurant se situe juste en face de la maison dans laquelle Aung San Suu Kyi a été assignée à résidence pendant six ans après son arrestation le 20 juillet 1989 par le gouvernement militaire. Il est émouvant de voir ce portail surmonté de barbelés rendu familier par les actualités et le film The Lady de Luc Besson qui retrace l’histoire de celle qui est aujourd’hui Conseillère spéciale de l’Etat et porte-parole de la Présidence de la République de l’Union de Birmanie, empêchée d’être Présidente par une disposition constitutionnelle et devant composer avec une armée toujours très puissante. Néanmoins, sa position est de facto celle d’un chef de gouvernement, aujourd’hui critiquée pour sa passivité face aux exactions de l’armée birmane envers les Rohingyas.

Notre première visite après notre installation à l’hôtel Chatrium, qui offre une belle vue sur le lac Kandawgyl, est pour la pagode SHWEDAGON également visible depuis les chambres.

LA PAGODE SHWEDAGON :

La pagode et ses pagodons :

En soirée la lumière confère au site un aspect magique : premier centre religieux du pays, située sur une colline un peu à l’extérieur du centre-ville, la pagode de cent mètres de haut dont la base est faite de briques recouvertes de milliers de plaques d’or surplombe l’horizon. Elle est entourée de 72 pagodes et petits pagodons qui forment une enceinte avec quatre temples plus grands situés aux points cardinaux.

Remarquable, sur la flèche se trouve une sorte d’ombrelle où sont accrochées plus de mille clochettes d’or et d’argent, ainsi qu’une girouette ornée de pierres précieuses. Tout au sommet, une petite sphère d’or est incrustée de milliers de diamants et contient une émeraude de 76 carats. Dérober ce trésor condamnerait le voleur à un terrible karma ; très dissuasif pour un peuple aussi croyant.

Ce lieu grandiose reposant sur une plate-forme pavée de marbre, surtout dédié au bouddhisme, dégage un sentiment de paix, de beauté, de richesse exubérante et de ferveur. Il est de plus très agréable à cette heure de la journée de marcher sur le sol tiède pieds nus, condition sine qua non pour pénétrer dans les pagodes et temples.

Déambulent les nonnettes habillées de rose et rouge, le crâne rasé, ressemblant à s’y méprendre à de jeunes garçons et des bonzes reconnaissables à leur familière tenue rouge.

2E JOUR : RANGOON/YANGON

Le 2e jour, qui terminera cette première chronique, est consacré à la découverte de la ville dont quelques photos illustreront mieux que des descriptions détaillées certains aspects de la ville :

  • La pagode Chaukhtatgyl dont l’intérêt n’est pas architectural car elle a tout d’un hall de gare, abrite un bouddha couché à la taille impressionnante (70 mètres de long) très caractéristique de certaines réalisations du pays friand de dorures et paillettes : 


  • La pagode Sule vieille de 2000 ans, située au beau milieu d’un énorme rond-point, était au XIXème siècle  le centre géographique de Yangon. C’est dans les années1980 que la ville a connu une expansion rapide vers le nord déplaçant le centre-ville à l’extrême sud, non loin des rives de la rivière Yangon.



Quelques aspects de la Pagode Sule

Tout au long de ce périple nous visiterons un nombre tel de pagodes et de temples que la description de chacun vous semblerait au mieux répétitive au pire fastidieuse. Précisons toutefois que le mot pagode, synonyme de stupa, désigne un lieu où se trouve une relique du Bouddha tandis que les temples ne sont que des lieux de culte destinés aux pratiquants.

Notre déambulation dans le quartier colonial en direction du fleuve Yangon, très proche de la Pagode Sule, nous offre de pittoresques scènes de rue et le spectacle de marchés asiatiques comme toujours vivants et colorés.



Exemples d’architecture coloniale



Un petit groupe de nonnettes très affairées


Marché aux fruits et légumes

Les traces blanches que vous voyez sur les joues de ces femmes sont le produit de beauté préféré des birmanes, pâte jaunâtre obtenue en râpant des buchettes provenant de l’arbre à tanaka pour en faire une poudre mélangée à de l’eau. Le tanaka aurait des propriétés antirides, anti-coup de soleil, antimycosique. La pâte est la plupart du temps étalée comme un masque, sans soin particulier, mais parfois prend une forme plus artistique : j’ai ainsi testé dans un temple ce produit miracle devenu sous des doigts experts deux feuilles nervurées d’un effet discutable.


Sur les bords du fleuve Yangon

La prochaine chronique sera axée sur notre arrivée à Mandalay, la découverte d’une colline aux mille pagodes et l’embarquement sur le RV Pandaw, le rêve commence !

Je vous souhaite à toutes d’excellentes fêtes de fin d’année !

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